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Bricolage gouvernemental. Aziz Akhannouch nommé ministre «par intérim» de l’Economie

L’homme d’affaires et actuel ministre de l’Agriculture remplace ainsi provisoirement Nizar Baraka, nommé mercredi à la tête du CESE par le roi. Une décision surprenante prise ce vendredi par Abdelilah Benkirane.

Le chef du Gouvernement Abdelilah Benkirane a promulgué ce vendredi un décret chargeant le ministre de l’Agriculture Aziz Akhannouch des fonctions «de ministre par intérim de l’économie et des finances», selon un communiqué de la Primature relayé par l’agence officielle MAP.

Aziz Akhannouch remplace donc provisoirement Nizar Baraka, ministre démissionnaire de l’Istiqlal, tout juste nommé mercredi par le roi à la tête du CESE.

Cette nouvelle fonction d’Akhannouch soulève plusieurs questions, alors que les observateurs s’attendaient à la présentation imminente du nouveau gouvernement Benkirane II suite à la nomination royale de Baraka au CESE.

Bricolage gouvernemental

Pourquoi nommer provisoirement le ministre de l’Agriculture à la tête de l’Economie alors que ce département dispose d’un ministère délégué au Budget, dirigé par Driss El Azami El Idrissi (PJD) ?

Et si les négociations entre le PJD et le RNI sur la formation du nouveau gouvernement ne sont vraiment pas sur le point d’aboutir, pourquoi avoir nommé dès mercredi Baraka à la tête du CESE, l’empêchant ainsi de continuer à gérer les affaires courantes du ministère ?

Il faut par ailleurs rappeler qu’Aziz Akhannouch, patron du groupe énergétique Akwa, était étiqueté RNI dans le gouvernement El Fassi (2007-2012). La veille de l’annonce de la formation du gouvernement Benkirane, le 3 janvier 2012, Akhannouch a démissionné du parti de la colombe pour garder son portefeuille à l’Agriculture.

Conflits d’intérêts ?

Va-t-il reprendre sa carte au RNI maintenant que le parti de Mezouar s’apprête à entrer dans le gouvernement Benkirane II ?

Ses multiples casquettes (homme d’affaires, ministre de l’Agriculture et maintenant de l’Economie) interpellent sur les potentiels conflits d’intérêts. L’Instance Centrale de Prévention de la Corruption (ICPC) a réclamé il y a six mois la création d’une loi spécifique sur le sujet mais le gouvernement ne semble pas l’avoir entendu.

Le projet de loi organique sur l’organisation du gouvernement (article 87 de la constitution) prévoit bien l’arrêt des activités professionnelles des ministres mais le texte vient à peine d’être adopté en conseil de gouvernement. Il doit encore passer en conseil des ministres avant d’être débattu au parlement.

C’est ce même projet de loi organique qui précise les modalités de gestion des affaires courantes par le gouvernement après la démission de ministres. N’étant pas encore adopté, Abdelilah Benkirane semble avoir toute latitude pour répartir les tâches au sein de l’équipe gouvernementale.

En attendant, personne ne pose de questions. Il faut dire qu’Aziz Akhannouch est un proche du palais. Combien de marocains à part lui peuvent se vanter d’accueillir chez lui le roi Mohammed VI et son épouse pour prendre un ftour ?

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