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Syrie : Soif de sang

Syrie : Soif de sang

La première victime d’une guerre, dit-on, c’est la vérité. Bien des guerres sont déclenchées sur la base d’un mensonge ou des fondements de légitimité trop faibles pour justifier dans le temps le massacre qui aura été perpétré. La guerre de Syrie en préparation peut difficilement échapper à cette critique.

Tout porte donc à croire qu’on a atteint le point de non-retour. La dernière mise au point du Président Hollande ne laisse planer aucun doute. Les puissances occidentales veulent cette guerre. États-Unis, Grande-Bretagne, France. La justification est alambiquée, grotesque même. On a gazé des populations. Qui l’a fait ? Bachar Al Assad, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, répète à qui veut l’entendre que ce n’est pas lui, et qu’il n’est pas assez fou pour commettre un acte aussi suicidaire pour son pays et pour lui-même.

On lui demande d’autoriser une inspection internationale sous le mandat de l’ONU. Il est d’accord, mais puisque le secteur où le crime a été commis n’est pas sous contrôle du gouvernement, comment faire ? Les inspecteurs essaient tout de même de se rendre sur les lieux. Mais ils essuient des tirs de la part de ceux qui contrôlent les lieux. Ah ! Ils accusent le gouvernement de les avoir gazés mais n’autorisent pas les inspecteurs de l’ONU à venir prendre possession des preuves, dans un endroit qu’ils contrôlent ?

Les inspecteurs, craignant légitimement pour leurs vies, attendent deux ou trois jours. Les dirigeants occidentaux disent que c’est trop tard pour obtenir les preuves. Assad aurait dû autoriser les inspections très vite. Mais comment, puisqu’il ne contrôle pas le secteur où s’est produit l’attaque ?

C’est du n’importe quoi ! Mais la guerre va quand-même être déclenchée. Sur des bases de légitimité extrêmement faibles.

armee syrienneQuelques dirigeants comme Mélenchon rappellent que si l’utilisation du gaz est le seul argument de poids pour justifier l’intervention armée, il aurait fallu intervenir il y a plusieurs mois, non pas contre Assad, mais bien contre les « insurgés ». Il a, en effet, été rapporté qu’ils utilisaient du gaz sarin. Une enquêtrice de l’ONU, Carla Del Ponte, l’avait signalé en des termes clairs.

Est-ce qu’on n’est pas en train de se tromper d’ennemi ? Plus globalement, faut-il vraiment mener cette guerre ?

Des questions légitimes que se posent les gens ordinaires mais qui ne produisent plus aucun écho là-haut, dans les cercles fermés des décideurs du monde. Ils veulent cette guerre. Il faut que des bombes s’écrasent sur ce pauvre pays. Des corps vont être déchiquetés, des bâtiments éventrés, des infrastructures construites à la sueur de tout un peuple, pulvérisées.

Des cadavres vont s’amonceler, des blessés vont affluer dans les hôpitaux… euh, il y aura des dégâts collatéraux. Des frappes chirurgicales vont raser des hôpitaux identifiés, par erreur, comme des usines de fabrication d’armes de destruction massive. Donc, même plus d’hôpitaux pour accueillir les blessés. Des populations vont être jetées dans la nature et des bandes de hors-la-loi vont faire régner « leurs lois ».

C’est comme ça les guerres des « Occidentaux »dans le monde. Ca ne produit jamais de paradis. La Libye est aujourd’hui devenue un non-Etat, gangrénée par une multitude des bandes contre lesquelles plus personne ne sait quoi faire. On a cru un moment que ces bandes étaient pro-américaines. Jusqu’à un soir de septembre 2012 lorsqu’une bande lourdement armée a investi le consulat américain de Bengazi. L’Ambassadeur Us Christopher Stevens est lynché à mort. On ne peut s’empêcher de rappeler que le « pauvre » avait pris un malin plaisir à poser à côté de la dépouille de Mouammar Kadhafi quelques mois plus tôt.

Le chaos qui ne pardonne à personne, même pas à ceux qui le provoque.

Quant à l’Irak, plus personne n’ose en parler. Ça explose partout, ça mitraille à chaque coin de rue,… Un enfer que même l’armée américaine a été obligée de « fuir », ses soldats devenant systématiquement fous de retour au pays. Une ardoise astronomique de 6.000 milliards de dollars que les futures générations des Américains ne sauront même pas régler.

Messieurs les Présidents, voulez-vous toujours cette guerre de Syrie ?

Il semble que la réponse est « oui, absolument », si l’on réécoute les multiples interventions dans les médias de Laurent Fabius depuis plusieurs semaines. La soif de sang est, semble-t-il, devenue trop forte. Il faut qu’on bombarde. Il faut que ça pète ! Les dégâts, on verra après !

Et pourtant des « gens bien ». Un gentil maire de la Corèse, un aimable député de la Normandie, ledéputé de Witney, le Prix Nobel de la Paix 2009, fils d’un étudiant kényan, élevé par une mère si modeste qu’elle mourut d’un cancer de l’ovaire faute de prise en charge par une mutuelle.

« La menace américaine d’user de la force contre la Syrie est inadmissible, et toute action militaire unilatérale, même limitée, sans l’aval du Conseil de sécurité de l’Onu est tout aussi inacceptable », a indiqué samedi le porte-parole de la diplomatie russe Alexandre Loukachevitch.

syrie assad au front« Toute action militaire unilatérale, aussi +limitée+ qu’elle soit, sans l’aval du Conseil de sécurité de l’Onu serait une violation flagrante du droit international, compromettrait les perspectives de règlement politico-diplomatique du conflit en Syrie, ne manquerait pas de relancer la confrontation et de faire de nouvelles victimes. On ne doit pas admettre un tel scénario », lit-on dans le commentaire du diplomate publié sur le site du ministère russe des Affaires étrangères.

Le président américain Barack Obama a déclaré vendredi qu’il n’avait pas encore pris de « décision définitive » sur la Syrie, mais qu’il réfléchissait à une action militaire « limitée » contre le régime syrien, affirmant que l’attaque chimique près de Damas était un défi au monde et menaçait aussi la sécurité nationale des Etats-Unis.

Face à « l’impuissance » du Conseil de sécurité de l’Onu », la Maison-Blanche a laissé entendre que le président Obama pourrait décider d’une action unilatérale américaine. Une telle action reste envisageable, bien que le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a affirmé que Washington recherchait toujours une « coalition internationale » qui agisse de concert pour attaquer le régime syrien, ce dernier ayant promis de se défendre « contre toute agression ».

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