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Syrie : l’UE s’apprête à lever l’embargo sur les armes

Syrie : l’UE s’apprête à lever l’embargo sur les armes

L’Union Européenne va se prononcer d’ici à la fin mai sur la fourniture d’armement à un pays en guerre, et en faveur d’un camp contre un autre. Mais cette première, destinée à fortifier la résistance syrienne face aux assauts de l’armée de Bachar el-Assad, va se faire dans la « division », voire « l’acrimonie » d’après certains responsables européens.

L’Allemagne, jusqu’ici opposée, a explicitement admis lundi qu’elle ne pourra pas empêcher les livraisons d’armes de guerre souhaitées par la France et le Royaume-Uni. « Nous sommes loin d’être convaincus (…), mais si d’autres partenaires européens pensent différemment, nous ne pourrons ni ne voudrons y faire obstacle », a expliqué le chef de la diplomatie Guido Westerwelle en marge d’un rendez-vous avec ses collègues à Luxembourg.

Lui aussi dans le camp du «non», un autre ministre a admis sous couvert d’anonymat que la levée de l’embargo imposé par l’UE depuis mai 2011 «est désormais inévitable». L’interdit, décidé à l’unanimité des Vingt-Sept, vient à échéance le 1er juin. Il faudrait une autre unanimité pour le reconduire, avec toutes les sanctions économiques et politiques qui l’accompagnent. Et il suffirait d’un veto, déjà agité des deux côtés de la Manche, pour torpiller toute nouvelle mouture.

Laurent Fabius et son homologue britannique William Hague assurent qu’armer les rebelles est la seule manière de ramener Bachar el-Assad à la raison, après deux ans d’une guerre civile sans vainqueur. « En Syrie, il n’y a plus de bonne solution, mais seulement le choix entre de très lourds inconvénients », note le ministre des Affaires étrangères.

Les adversaires des livraisons, majoritaires dans l’UE, reconnaissent que la diplomatie est à court d’option crédible face la montée des extrémistes des deux côtés. Les partisans d’un armement de la résistance concèdent qu’il sera difficile d’en contrôler la destination finale, comme en Libye et naguère en Afghanistan. « C’est le principal argument qu’on nous oppose », dit-on du côté français.

SyrieGuerre

Au tournant syrien, c’est la politique étrangère de l’UE qui menace une fois de plus de voler en éclats. Les Vingt-Sept réussissent à garder le même cap par temps calme, comme en témoigne la toute récente «normalisation» entre Serbie et Kosovo. Ou encore la décision symbolique, prise lundi à Luxembourg, d’importer à nouveau du pétrole syrien au seul bénéfice de l’opposition. Mais ils divorcent dès que la mer s’agite. Malgré les pétitions de bonne foi entendues partout, Bachar el-Assad risque de fracasser l’unité européenne…

À l’approche de l’échéance du 1er juin, les récriminations montent aussi contre le cavalier seul de Paris et Londres, deux puissances européennes qui pèsent encore sur l’échiquier politico-militaire. « Au début de l’année, Paris n’a pas pris la peine de nous consulter avant de lancer son opération au Mali. En Syrie, c’est Londres qui menace d’agir seul si les autres ne suivent pas. Que reste-t-il d’une politique commune ? », s’inquiète un diplomate. Mardi, les ministres poursuivront ce débat en coulisses à l’Otan, avec le secrétaire d’État américain John Kerry.

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