20/09/2017
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Rif: « fitna » ou révolte

Rif: « fitna » ou révolte

Depuis octobre 2016, plutôt depuis le 20 février 2011, le nord marocain, dit le Rif, est en ébullition sociale politique et économique. A l’arrivée du nouveau régime, il y a dix sept ans, ces « sujets rebelles » se mettaient à croire en jours meilleurs et en bout d’un tunnel qui ne fini plus. Erreur. Rien dans les faits ne changent. Le pays est quadrillé par des forces de sécurités dont ni l’uniforme ni les méthodes d’intimidation n’ont changé d’un iota depuis des décennies. Un vieil immigré sage de la région lança à voix basse et grave, lors d’une rencontre ministérielle, que « rien n’a changé si ce n’est la poignée de la faucille ». L’approche sécuritaire et le discours religieux relié par les médias et les institutions rendent souvent toute protestation signe de rébellion et d’atteinte à la sécurité de l’état et aux « institutions sacrées ».

Le Rif rebelle ne se rebelle plus seul. L’appétit démesuré du profit de la classe dominante met à mal ce nationalisme d’apparence que cultive inlassablement Rue Labrihi (siège de la télévision) sans jamais se préoccupée de ces pauvres Imazighens qui meurent de froid en Atlas et ailleurs à l’approche de chaque hiver, faute d’infrastructures basiques telles que les routes, les hôpitaux, les écoles, l’électricité. Le Rif, quant à lui, est dépourvu d’universités, d’hôpitaux, d’autoroutes. Le chemin de fer n’a fait qu’une petite percée d’une centaine de km en soixante ans d’indépendance. Les habitants des provinces de Deriouch et Taza coupés du monde, espèrent attendent la fin des travaux d’asphalte de ce tronçon d’une cinquantaine de kilomètres liant Aïn Zora et Tizi Ousli, depuis 1961, date du début de travaux. En 2017 la piste est toujours impraticable en période d’intempéries. Des femmes enceintes et des enfants meurent en toute impunité faute de soins et d’état responsable des siens.

Le Rif ne se rebelle plus seul, ce qui discrédite enfin l’idée répandu et utilisé par le pouvoir central (Makhzen) depuis le lendemain de l’intervention militaire, fin des années cinquante, conduite par le prince héritier d’alors pour mater un soulèvement populaire, il n’est plus seul, Casablanca, Rabat, Meknès sans parler des villes du Nord; Nador, Deriouch, Imzouren, Tanger.. Tout porte à croire que les raisons du soulèvement n’ont pas été traitées ni résolues depuis plus de sept décennies.

Et qu’on ne vient pas reprocher à ces citoyens leur rébellion et encore moins leur attachement aux institutions! Et de pousser certainss imams , imprégnés par une culture figée datant du Moyen-âge, à parler au nom d’Allah de « Fitna » (anarchie, désordre). La fitna diront les internautes est de mater les manifestants, d’appauvrir le pays, d’encagouler Zefzafi et d’autres activistes, les embarquer au pays profond à plus de 800 km pour les intimider, les torturer les forcer à signer des aveux, ou pas, parce qu’ils ont osé défier le pouvoir pour dénoncer la marginalisation et revendiquer leurs droits légitimes; droit à l’enseignement, aux soins, à démilitariser le Rif et lui rendre sa liberté et sa dignité.

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