mardi , août 21 2018
Dernières Nouvelles
Vous êtes ici: Accueil / Actualités / Révolte à Jerada: un plan d’urgence peu crédible
Révolte à Jerada: un plan d’urgence peu crédible

Révolte à Jerada: un plan d’urgence peu crédible

Le Maroc devra faire face à un autre foyer de tensions, au nord-est cette fois-ci. Avant même d’apaiser la révolte dans le nord et d’en finir malgré l’approche sécuritaire et les lourdes condamnations, allant jusqu’à la peine de mort, qui pèsent sur certaines têtes connues du mouvement Hirak,  Jerada exige des solutions à sa misère et sa précarité. Des protestations sont déclenchées suite à la mort de deux mineurs dans une mine de charbon non sécurisée.

Les autorités qui avaient mis plusieurs mois avant de réagir à Al-Hociema annoncent un « plan d’urgence » à Jerada, et des solutions selon elles pour lutter contre la pauvreté. Mais à première vue c’est de la poudre aux yeux pour calmer les populations. Le Wali, super-gouverneur, annonce une enveloppe de 4 millions de dirhams (370 mille euro) une enveloppe insignifiante pour une des plus pauvres régions du pays, qui n’est même pas destinée à la population mais à réglementer et à fermer les puits clandestins de charbon. Il parle d’emplois « potentiels » qui seraient créés par l’office de l’électricité, lui même au centre de protestation pour ses prix élevés et frais administratifs arbitraires. Il annonce des emplois agricoles saisonniers, environ 300, pas pour travailler à Jerada mais en Espagne.

Depuis 1998, Said Zeroual, de l’AMDH, a recensé 17 morts à Jerada. «En 2005, cinq personnes sont décédées dans un accident similaire à celui du 22 décembre, mais les manifestations n’avaient pas la même ampleur. C’est l’accumulation des drames qui déclenche la colère», explique-t-il. La veille de la mort des deux frères, les habitants de Jerada manifestaient contre la cherté de l’eau et de l’électricité. Les contestations ne sont plus portées par les syndicats, qui ont perdu de leur puissance depuis les années 90. «Les syndicats ont assisté aux réunions, appelé à la grève, mais les jeunes ne veulent pas qu’ils encadrent les manifestations», témoigne Said Zeroua.

A rappeler que les syndicats et les partis politiques ont perdu toute crédibilité au sein de la population. Ils ont été pour la plupart interdits dans les rues à Al-Hociema notamment.

A propos de Ya Yanass

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Required fields are marked *

*

WP Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com