20/09/2017
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Printemps du Rif

Printemps du Rif

Dimanche 28 mai matin la police arrête Nasser Zefzafi, leader du mouvement de contestation du nord du Maroc. Il est immédiatement transféré au siège de la brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca. Si l’activiste est poursuivi pour avoir « interropu l’imam dans une prière », selon les autorités, pourquoi l’expédier à presque 800km de chez lui pour l’interroger, se demandent ses soutiens à travers le pays.

Zefzafi est devenu au fil des mois la figure du « hirak » (« la mouvance ») le mouvement de revendications sociales, économiques, politiques et identitaires pour cette région déshéritée, marginalisée, militarisée. Les autorités sécuritaires qui comptent mettre fin à ce nouveau « Printemps » par cette arrestation arbitraire rîsquent l’inverse, un gain de tension dans toute la région. Le mouvement de rogne gagne également les villes voisines Nador, Deriouch et Imzouren.

Vendredi, lors de la grande prière dans la mosquée de la ville, Nasser Zefzafi s’en était ouvertement pris à l’imam, qui parle comme à l’accoutumée de « fitna » [division religieuse et politique entre musulmans], et de troubles inadmissibles, une vieille recette distribuée systèmatiquement via les imams, porte parole, en grande majorité, du pouvoir centrale. Selon l’association marocaine des droits humains (AMDH) et la fédération des droits de l’homme, le ministère des affaires islamiques « utilise la religion pour régler ses comptes avec les manifestants », dénoncent-elles dans un communiqué en ajoutant que les prêcheurs cherchent à mobiliser les fidèles « contre le mouvement de contestation à Al Hoceima qu’ils associent à de la fitna». Nasser Zefzafi était depuis lors recherché, un mandat d’arrêt ayant été émis à son encontre pour avoir semé le trouble et porté atteinte à la liberté de culte. Plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées avec lui.

« La brutalité des arrestations relève de la politique d’intimidation pour casser le mouvement, toutefois les autorités devront faire preuve de tact et de modération dans les condamnations pour ne pas mettre en ébullition la région et ne pas prendre le risque que la contestation ne se propage dans d’autres régions », estime l’historien Pierre Vermeren.

Le 22 mai dernier, pas moins de sept ministres avaient fait le déplacement à Al Hoceima et promis une accélération des projets d’investissements annoncés en 2015 mais restés en partie en rade pour développer les activités économiques, construire routes, écoles ou hôpitaux. Pas assez pour apaiser la colère des Rifains. Nasser Zefzati, fort d’une mobilisation populaire, avait alors exigé des « garanties ». La région du Rif a perdu toute confiance en ces ministres peu crédibles et ne pesant rien dans l’échiqiuer du pouvoir. Les manifestants exigent l’implication directe du roi.

« Ces manifestations ravivent le contentieux ancien entre le Rif et l’État », poursuit Pierre Vermeren à notre consoeur Marie Verdieré, voquant les cinq morts non élucidés lors de la contestation de février 2011, les promesses non tenues de reconstruction après le séisme meurtrier de février 2004, la violente répression des émeutes du Rif de 1958-59 lorsque les habitants s’insurgeaient déjà contre leur marginalisation ou la plus récente vague d’émeutes de 1984.

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