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Maroc: Les islamistes font de la figuration

Maroc: Les islamistes font de la figuration

 » Le problème au Maroc, c’est que le PJD (parti « islamiste » du chef du gouvernement) est protégé parce qu’il ne gouverne pas. C’est un parti qui est au gouvernement, mais les grands choix de l’État sont faits par la monarchie. Il y a une politique qui se trame en dehors du parlement et du gouvernement. Et c’est ce qui protège le PJD. Car si ce parti avait été un peu plus influent, il aurait pu avoir beaucoup plus de problèmes. Je donne comme preuve ce qu’ont subi les Frères musulmans (en Égypte).

Ahmed Assid, philosophe, militant des droits de l’homme, chercheur à l’Institut royal de la culture amazigh, connue pour ses sorties médiatiques et son front parler, estime que sa mission est de vulgariser les valeurs de démocratie et des droits de l’homme. Il accuse le PJD, parti du chef du gouvernement marocain de ne faire que de la figuration face à une monarchie toujours aussi exécutive.

Il répond au journal telquel:
« Du temps du Printemps arabe, vous vous exprimiez beaucoup sur la politique. Aujourd’hui, on a l’impression que vous vous focalisez plus, dans vos sorties médiatiques, sur la défense des libertés individuelles

C’est faux. Puisque je suis de formation philosophique et sociologique, mon rôle est donc celui d’intellectuel. Je n’ai jamais été un bon politique et je n’ai jamais voulu en faire, alors que ça m’a été proposé par quatre partis. Ma mission est d’abord de clarifier les concepts et les grandes notions de démocratie et des droits humains, c’est-à-dire d’essayer de changer les mentalités. Quand les intellectuels se sont trouvés dans la sphère politique, ils ont été ridiculisés. Parce qu’au lieu de faire leur travail, ils ont voulu faire autre chose. Or, ils ne peuvent pas accomplir ce travail correctement. Un homme politique c’est quelqu’un de pragmatique, tandis qu’un intellectuel n’est pas obligé de l’être. Le politique doit dire aux gens ce qu’ils veulent entendre, l’intellectuel doit leur dire ce qu’ils ne veulent pas entendre s’il pense que c’est la vérité, et même si ça peut lui créer des problèmes. Depuis 2011, et même avant, mon discours a toujours été de défendre les droits humains, les valeurs de la démocratie et les libertés individuelles. Seulement, au moment du 20-Février, nous avons été plus présents dans le débat politique parce qu’il y avait une constitution qui se préparait.

Depuis, vous avez cofondé l’association Damir, dont le but est de défendre les droits humains et les libertés individuelles. A quoi servira cette association?

C’est l’idée d’une centaine d’intellectuels et artistes qui veulent créer une force de proposition. Le but étant de faire un suivi de l’action politique dans le pays, mais également de jouer le rôle d’une force de proposition pour les décideurs. Ou encore mettre au point des idées qui peuvent contribuer à la réussite de la transition vers la démocratie. Parce que nous constatons aujourd’hui l’existence de difficultés et d’obstacles sur le chemin de la démocratie. Ainsi, il y a un parti qui dirige le gouvernement et qui ne croit pas à la démocratie.

La diplomatie marocaine a récemment appelé à soutenir le droit à l’autodétermination du peuple kabyle. Qu’en pensez-vous?
Malheureusement, ce n’est pas une bonne idée. En adoptant cette position, le régime marocain se place dans une situation difficile parce qu’il a répondu au mal par le mal. “Puisque l’Algérie utilise le Polisario, donc nous aussi on va utiliser les Kabyles.” C’est un très mauvais calcul. D’un autre côté, les Marocains ont utilisé la convention internationale relative au droit des peuples autochtones, pour déclarer que les Kabyles sont des autochtones qui ont des droits. Le problème, c’est que le Maroc non plus ne respecte pas le droit des autochtones sur son propre territoire. L’exploitation des richesses naturelles, ou encore de certaines terres collectives ou appartenant à des tribus, se fait en totale contradiction avec le droit international. La démarche marocaine manque donc de légitimité. Et je crois que notre diplomatie doit reculer à ce niveau-là. Le risque est grand de porter atteinte à la stabilité de la région. »

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