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Maroc: des lois d’un autre temps

Maroc: des lois d’un autre temps

 L’article 222 du code pénal marocain fait débat chaque année pendant le mois du ramadan. La loi pénalise la rupture du jeûne dans les lieux publics. Des militants des droits de l’homme ont organisé un sit-in ce 24 juin devant le parlement à Rabat, scandant « 222 out », pour protester contre l’arrestation de plusieurs personnes qui ont bu, mangé ou fumé en journée depuis le début du mois de Ramadan.

Selon le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (M.A.L.I), au moins trois personnes ont été interpellées, à Rabat,pour avoir mangé ou fumé une cigarette en public, deux jeunes hommes ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis et une amende de 500 Dirhams pour avoir bu de l’eau sous une chaleur dépassant les 40 degrés, à Zagora où la température frôle les 50° en été. Toujours au Sud du Maroc, et précisément à Essaouira, deux personnes ont été arrêtées pour avoir consommé des petits pains et des cigarettes sur la plage. Elles ont été placées en garde à vue.

Toutes ces personnes ont eu affaire à la justice pour violation de l’article 222 du code pénal qui punit d’un à six mois d’emprisonnement et d’une amende de 200 à 500 Dirhams quiconque « notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du ramadan, sans motif admis par cette religion ». Comment les  forces de polices devenues « polices religieuses » pourraient-elles distinguer un musulman d’un juif ou d’un chrétien non concernés par une telle loi ? Et forceront-elles les femmes à prouver leur indisponibilité périodique en exhibant leurs tampons hygiéniques? Et  les malades à afficher leurs certificats médicaux? Ce qui ne les épargnera cependant pas de la punition de l’homme, qui fait des lois à sa guise et à sa convenance.

 Selon le journaliste marocain Kamal Znidar:
« Ce liberticide l’Etat marocain le justifie par l’Islam. Mais en réalité, cette loi n’a vraiment rien d’islamique. Croire ou non, pratiquer la religion ou non, sont des choix personnels, individuels et spirituels, que garantisse l’Islam. Ne pas observer le jeûne du mois de ramadan est certes un péché. Mais il est loin d’être un crime sanctionné par les lois islamiques.
L’esprit qui anime cet article 222 du code pénal est un esprit de la Djahiliya (préhistoire) qui va à l’opposé des avancées de l’Islam. Dans cette religion, inviter les déjeuneurs à suivre les préceptes moraux de la religion islamique est certes un devoir. Mais avec prise en considération qu’il est interdit de forcer ces gens à croire à l’Islam ou observer ses enseignements.
« Nulle contrainte en religion ». L’Islam est une religion qui dénonce et interdit toutes sortes de contrainte religieuse. L’Homme a le droit d’accepter l’Islam comme religion comme il a tout le droit de le refuser voire l’apostasier.
La contrainte religieuse va à l’encontre de l’esprit et l’essence du message islamique. La foi et le culte doivent être embrassés avec la volonté et la conscience libres. Ils n’ont une valeur que lorsqu’ils visent le contentement d’Allah et l’obtention de Son agrément.
Un hadith ordonnant l’assassinat des apostats, certes ça existe ! Mais ce hadith qui a partiellement inspiré l’article 222 du code pénal, ce sont les omeyyades qui l’ont inventé… et ce sont eux qui l’ont mensongèrement attribué à Muhammad (que la bénédiction et le salut d’Allah soient sur lui).
Au début, ils l’ont utilisé pour liquider leurs concurrents politiques et les musulmans qui dénoncent leurs crimes contre l’humanité. Puis avec le temps, il a été généralisé et appliqué sur toute personne qui cesse de croire à Allah voire délaisse une des pratiques de l’Islam (la prière, le jeûne, etc.). »

 

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