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Les tueurs du Brabant: révélations sans suite

Les tueurs du Brabant: révélations sans suite

Des gendarmeres sont indiscutablement liés d’une manière ou d’une autre à la vague du terrorisme qui a secoué la Belgique entre 1982 et 1985 qui a fait 28 morts. On ne parlait pas de terrorisme à l’époque mais d’attaques et de braquages sanglants. 

Les dernières révélations, ce ne sont pas les premières d’ailleurs, sur l’identification du « Géant » dans les Tueries du Brabant ont fait l’effet d’une bombe. Pour rappel, l’affaire reste véritablement l’énigme judiciaire belge de ces 35 dernières années. Elle connaît désormais un incroyable rebondissement avec les déclarations faites par un homme qui affirme que son frère, Christiaan Bonkoffsky, un ancien gendarme de l’unité d’élite Diane, lui a confié sur son lit de mort en 2015 avoir participé à ces Tueries.

Des déclarations prises très au sérieux par la nouvelle équipe d’enquêteurs, en raison notamment du comportement du témoin. Contrairement à beaucoup d’autres jusqu’ici, l’homme est arrivé bouleversé, en pleurs, chez les enquêteurs. Plusieurs éléments laissent supposer que son frère était donc bel et bien le Géant.

« Quand je lui ai dit qu’il ressemblait au portrait-robot, il est devenu furibard », raconte Nicole, 56 ans, a été la maîtresse de Christiaan Bonkoffsky. C’est en 2000 que Nicole a fait la connaissance du gendarme décédé il y a deux ans et dénoncé par son frère aux enquêteurs dès le mois de mars dernier, révélé dans la presse en octobre. Aussitôt le ministre de la justice convoque en plein week-end en « urgence » dit on les procureurs généraux pour examiner les faits. Pourquoi cette réunion n’a pas eu lieu au moins au moment où la justice ait  connaissance de ce témoignage clé? Cela pourrait être attribué aux ratés de l’enquête.

Rien n’a fonctionné à propos de cette enquête comme cela devait être. Des témoins surveillés voire intimidés, des fusils détruits, des armes de la gendarmerie volées sans effraction, des portraits robots datant de 35 ans non actualisés,…

Bozidar Djuroski avait 15 ans lors de la tuerie au Delhaize de Braine-l’Alleud, le 27 septembre 1985. Il était présent dans une camionnette devant l’enseigne avec son père, tué ce jour-là. Dans un témoignage livré à la télé, il indique se souvenir « du regard noir » du tueur qui se trouvait non loin de lui. Ce regard, il affirme l’avoir revu plus tard en croisant un policier dans un bureau d’Alost. « Je ne l’ai pas dit directement, ça m’a bouleversé. Je ne savais pas trop quoi faire », explique-t-il. Le témoignage qu’il fera ensuite sera classé sans suite.

« Mon père m’a dit: couche-toi! Avant de me coucher, j’ai vu un individu devant moi occupé à tirer », raconte-t-il. « Il était à cinq ou six mètres de notre camionette », explique-t-il. « J’ai vu son visage, il avait un regard sombre et expressif. »

« J’espère qu’un jour on pourra mettre un nom sur les faits, sinon je me dis que j’ai été blessé pour rien, que mon père est mort pour rien. C’est comme si c’était hier pour moi, je n’ai pas encore fait mon deuil. Ça a déstabilisé toute ma vie », poursuit Bozidar Djuroski.

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