mardi , décembre 18 2018
Dernières Nouvelles
Vous êtes ici: Accueil / En un mot / le ministre des droits de l’homme pour le maintien de la peine de mort
le ministre des droits de l’homme pour le maintien de la peine de mort

le ministre des droits de l’homme pour le maintien de la peine de mort

Rabat: Dans une interview du ministre d’état chargé des droits de l’homme, Mustapha Ramid, (PJD) parti du chef du gouvernement à référence religieuse, avocat et ancien ministre de la justice, il confirme son opposition à la suppression de la peine de mort.

La population carcérale a doublé ces dernières années pour atteindre plus de 82 mille détenus, plaçant ainsi le Maroc en tête des pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Un triste record gonflé par des détentions provisoires, plus de 33 mille. Pour rappel plus de 53% de détentions sont liées aux affaires financières, essentiellement pour chèques sans provision, et au stupéfiant.
Des civils sont souvent jugés par des tribunaux militaires; dernier procès retentissant est l’affaire des prévenus sahraouis de Gdeim, suite aux événements de 2010 qui avaient fait 11 victimes parmi les forces de l’ordre et 2 manifestants. Contrairement à ce que déclare ci-dessous le ministre d’état à propos de la torture, Amnesty souligne:

« Lors des audiences, la plupart des prévenus ont affirmé avoir subi des actes de torture dont le but était de les faire “avouer”, s’incriminer eux-mêmes ou mettre en cause d’autres personnes. Si le tribunal avait vraiment eu le souci de veiller à l’équité du procès, il aurait diligenté une enquête digne de ce nom sur les allégations de torture ou exclu les éléments douteux, a déclaré Heba Morayef, directrice des recherches sur l’Afrique du Nord à Amnesty International.

« Dans cette affaire, le fait que les autorités n’aient pas enquêté comme il se devait sur les allégations de torture, ce pendant six ans, entache la décision rendue le 19 juillet 2017. ».

Selon des observateurs présents au procès, huit prévenus ont été condamnés à la réclusion à perpétuité et 11, à des peines allant de 20 à 30 ans d’emprisonnement. Deux se sont vu infliger des peines de six ans et demi et de quatre ans et demi, respectivement, et devraient être libérés le jour même, étant donné qu’ils sont en détention depuis leur arrestation, en 2010. Deux autres ont été condamnés à deux ans de prison, peine qu’ils ont déjà purgée de fait.

Un tribunal militaire marocain avait infligé à ces personnes des peines tout aussi lourdes en 2013, à l’issue d’un procès manifestement inique, rappelle Amnesty.

Q: Une proposition de loi a été déposée au Parlement pour l’abolition de la peine de mort. Qu’en pensez-vous ?

R: Il ne s’agit pas d’une première et il existe même une coalition parlementaire qui milite dans ce sens. Mais ses membres ont voté en faveur de la loi sur les tribunaux militaires qui prévoyait la peine capitale pour six crimes.

Je ne commente pas les initiatives émanant de voix minoritaires, car le plus important est que ce genre d’initiatives soit cautionné par la majorité. Et l’actuelle majorité n’a présenté aucune proposition pour l’abolition de la peine de mort que ce soit dans le programme gouvernemental ou au parlement…

Pourquoi ceux qui militent pour l’abolition de la peine de mort en font un problème alors qu’il n’y a plus d’exécution? La peine de mort n’est pas un problème. Pourquoi donc demander son abolition ?

Q: Les abolitionnistes estiment que l’évolution des droits de l’Homme doit être en conformité avec les législations internationales…

R: Nous n’avons signé aucune convention qui nous contraindrait à abolir la peine de mort. Elle est toujours appliquée au Japon et aux États-Unis. Cela ferait-il de ces pays des nations non démocratiques? En plus, nous prenons le pouls de la société et la majorité est contre l’abolition de la peine capitale..

Q: La torture suscite toujours des polémiques au Maroc. Pouvez-vous assurer de mettre un terme à cette pratique?

R: Cette question a suscité et suscitera encore des polémiques, puisque la mentalité des responsables de l’application de la loi n’a pas évolué. Ce qui est certain, c’est que la torture n’est pas systématique au Maroc, mais il faut faire barrage à certains cas qui subsistent. Parmi les garanties prévues dans ce sens nous avons l’examen médical automatique de chaque personne qui affirme avoir été torturée. C’est écrit noir sur blanc et le juge d’instruction ou le représentant du parquet sont obligés de demander cette expertise médicale, sinon les procès-verbaux de la police judiciaire sont rejetés. La même chose est valable pour les mauvais traitements.

 

A propos de Ya Yanass

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

WP Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com