vendredi , novembre 24 2017
Dernières Nouvelles
Vous êtes ici: Accueil / Points de vue / 9 000 Vélib’ volés en un an
9 000 Vélib’ volés en un an

9 000 Vélib’ volés en un an

Mais où sont passés les Vélib’? D’après le site v.mat.cc, qui puise ses informations auprès de l’opérateur JCDecaux, le service parisien de vélos gris ne propose plus que 14 000 montures, disséminées dans 1 200 stations à Paris et sa proche banlieue, au lieu des 23 800 prévus. En 2007, lors du lancement, 20 600 Vélib’ avaient été annoncés dans la capitale, auxquels devaient s’ajouter, en 2009, 3 200 bicyclettes dans les villes de petite couronne. Ce sont donc 10 000 Vélib’ qui ont ainsi disparu,  volés, dégradés, voire jamais installés.

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l’édition abonnés

La pénurie commence à se faire sentir. Jusqu’à présent, les stations vides pénalisaient surtout les clients des communes de proche banlieue ou des portes de Paris. Désormais, plusieurs arrondissements du Nord-Est sont touchés. Dès potron-minet, il est impossible de trouver un vélo dans certains endroits des 10e, 18e ou 19e arrondissements. Gare du Nord, les bornes restent vides une grande partie de la journée. Privées de vélos, certaines stations deviennent des stations fantômes, devant lesquelles des voitures ou des scooters se garent en toute impunité. Parallèlement, on voit circuler des vélos volés, à l’attache arrachée.

Les vols seraient surtout le fait de mineurs, « des jeunes de 13 à 16 ans, qui vivent loin d’une station ou ne peuvent disposer de carte bancaire, et qui ont développé de multiples techniques pour dérober un vélo », avance Mathieu Marquer, ancien membre du comité des usagers de Vélib’ et fin connaisseur du système en libre-service parisien.

« DES ACTES IMBÉCILES »

Lorsque le vandalisme se généralise, JCDecaux procède à la fermeture des stations. Les habitués se lassent. « Je dois marcher longuement avant de trouver une station ouverte et un vélo. Et l’application pour smartphone n’est pas souvent à jour », se plaint Xavier Moisant, qui travaille dans le 18e arrondissement. « Ça devient pénible. Plus moyen d’arriver à l’heure le matin », regrette Tristan Dissaux, un jeune usager. La capitale n’est d’ailleurs pas la seule concernée. A Toulouse ou à Rouen, on a constaté le même phénomène. A Paris, l’ampleur des vols a fini par inquiéter la mairie.

Après avoir passé le problème sous silence pendant des années, le site consacré au Vélib’ (velib.paris.fr) s’est décidé à communiquer en juillet: 9 000 vélos ont été dérobés en 2012.

Pour Julien Bargeton, adjoint (PS) chargé des transports, « ce sont des actes imbéciles qu’il n’est pas question d’excuser ». L’élu compte sur le civisme des usagers, qui indiquent, sur les réseaux sociaux, les lieux où ils ont repéré des Vélib’manifestement volés.

LE « NOMBRE IDÉAL: 18 000

La Ville espère la coopération des forces de l’ordre : les policiers seront incités à veiller sur les stations et les caméras de surveillance pourraient servir à repérer les auteurs des larcins. Pour le moment, le butin est maigre : on dénombrait, fin août, une quinzaine d’interpellations. Lorsque les chapardeurs sont mineurs, on les prie d’effectuer un stage dans un atelier de réparation des vélos.

Julien Bargeton, qui chiffre le coût des vols à « 1 million d’euros en 2012, sans doute davantage en 2013 », fixe le « nombre idéal » de vélos en circulation à 18 000. C’est moins qu’annoncé initialement, mais cela « permet une meilleure rotation, et correspond à l’engagement contractuel signé avec JCDecaux », explique-t-il.

A propos de admin

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Required fields are marked *

*